Protection et inégalités · Maroc · XIIe-XIXe siècles
La hiérarchie religieuse, les dirigeants coercitifs et les quartiers ségrégués ont façonné les premières exclusions anti-juives au Maroc.
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XIIe-XIXe siècles
Protection et inégalités · Un voisin peut être protégé tout en étant subordonné
La hiérarchie religieuse, les dirigeants coercitifs et les quartiers ségrégués ont façonné les premières exclusions anti-juives au Maroc.
Les conditions de protection
Les communautés juives pouvaient pratiquer leur culte et maintenir leurs institutions sous le statut de dhimmi. En contrepartie, elles payaient un impôt spécifique et occupaient un rang juridique subordonné. Cela a contribué à pérenniser leur présence, tout en excluant l’égalité. Protection et discrimination relevaient du même système, dont l’application variait selon les souverains et les lieux.
Quand la protection cède la place à la coercition
Sous les Almohades, au XIIe siècle, les Juifs ont subi des pressions pour se convertir ou fuir. Maïmonide a écrit sur la conversion forcée alors qu’il vivait à Fès, avant de repartir en 1165. Sa réponse traitait d’un véritable dilemme de survie. La persécution résultait de la volonté d’un pouvoir d’imposer la conformité religieuse, plutôt que d’un conflit inévitable entre voisins.
La limite du mellah
Fès et plus tard Marrakech ont créé des quartiers juifs séparés appelés mellahs. À Marrakech, les Juifs furent transférés dans un quartier fortifié au XVIe siècle. De tels quartiers pourraient assurer une vie communautaire et une mesure de sécurité tout en imposant la séparation. La porte exprimait la place inégale attribuée aux Juifs dans la ville.